Nous partageons aujourd’hui la publication de M. Nicolas Dufour, maire de Repentigny, que nous avons rencontré avant l’été pour échanger sur les enjeux du transport adapté. Nous le remercions pour son appui, pour sa prise de parole en faveur de ce service essentiel et pour les actions qu’il mène, notamment la résolution adoptée en juin 2026 demandant au gouvernement du Québec un financement du transport adapté indexé, équitable et prévisible.
Nous vous invitons également à prendre connaissance de l’article de TVA Nouvelles « Un recul d’au moins 20 ans : le transport adapté en péril dans le Grand Montréal ». Les propos de Mme Marie Turcotte, utilisatrice du transport adapté, en disent long sur la situation actuelle et sur les conséquences que pourraient avoir les décisions qui se profilent pour les usagers.
Le gouvernement du Québec a choisi de plafonner le financement du transport adapté à l’achalandage de l’année 2024, malgré l’augmentation constante des besoins, ce que nous déplorons. Ce choix ne tient pas compte de la réalité vécue sur le terrain et risque d’accentuer une situation déjà alarmante dans notre région et ailleurs au Québec, où des réductions de service ont été apportées au cours des dernières années.
Derrière les chiffres et les décisions budgétaires, il y a surtout des personnes et leur quotidien. Le principe du « zéro refus » est aujourd’hui sérieusement menacé, alors qu’il représente pour nous bien plus qu’une norme de service : il est directement lié au droit à la mobilité et à la possibilité de vivre pleinement sa vie, d’être un citoyen et une citoyenne à part entière. Se rendre à son travail, à un rendez-vous médical, aux études, à une activité sportive ou culturelle, visiter ses proches ou participer à la vie de sa communauté ne devrait jamais être un parcours d’obstacles. Le transport adapté doit permettre aux personnes handicapées d’exercer pleinement leurs droits, et non devenir un frein à leur autonomie et à leur participation sociale. Mentionnons que nous participons également aux travaux d’harmonisation des services sur le territoire de l’ARTM, aux côtés des autres RUTA, pour défendre les droits des usagers et nous assurer que les décisions tiennent compte de leur réalité, et pas seulement des chiffres.
Le « zéro refus » vise à répondre aux demandes de déplacement des personnes admises au transport adapté, sans prioriser les déplacements selon leur motif ou leur importance.
Encore en 2026, le RUTAL reçoit chaque semaine des appels de personnes qui se butent à des limites de service qui les empêchent d’avoir accès à des soins de santé, d’assister aux funérailles d’un proche, de participer à des activités, de vivre des moments importants avec leur famille ou encore d’accéder à des possibilités d’emploi. Cette situation n’est plus préoccupante, elle est inacceptable et porte directement atteinte au droit à la mobilité et à la pleine participation des personnes handicapées à la société.
À l’approche des élections provinciales, le RUTAL demande aux différents partis politiques de faire du transport adapté une priorité de leur plateforme électorale. Nous entreprenons d’ailleurs des démarches afin de rencontrer les candidats et candidates de notre région pour discuter de cet enjeu essentiel.
Nous croyons profondément qu’une société réellement inclusive passe par une volonté politique forte et un investissement financier à la hauteur des besoins.